Lorsque je me couche à 23h dans mon studio au 32ème et dernier étage d'une tour de charme de Shenzhen, je trouve tout cela fort excitant.Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas été effleurés pas un beau typhon.
A minuit, je suis réveillé par les rafales qui tentent de tordre mes fenêtres et font trembler mes portes. Sur le site d'alerte de Hongkong, le niveau maximum 10 est atteint pour la première fois depuis 1999, des vents destructeurs sont annoncés et les consignes de sécurité recommandent de s'éloigner des fenêtres au cas où celles-ci viendraient à céder ou bien un objet lancé à pleine vitesse pouvant les heurter. Après une demi heure à me retourner dans mon lit imaginant mon appartement éventré, le vent et la pluie s’engouffrant violemment, du verre brisé plein mon lit, je décide d'aller rejoindre mon canapé qui se trouve à une distance plus raisonnable de la dite fenêtre.
Hong Kong aura vu des pointes de vent à 180 km/h et une montée des hauts de 3m.
Le lendemain matin, je me réveille sain et sauf. Un surprise m'attend à l'ouverture de ma valise : mes chemises sont mouillées. De l'eau est entrée dans la valise hier soir lorsque je rentrais sous la pluie battante. J'ai passé la nuit à combattre le typhon à main nu, ce n'est pas ça qui va m'arrêter. Un coup de fer à repasser et ça repart. Dehors, des bâches ont été déchirées, des arbres arrachés, des branches jonchent le sol. Le vent essaie de me voler mon parapluie, à moins qu'il veuille lui donner le coup de grâce.La pluie passe à l'horizontale me trempe chemise et pantalon. Une dernière bourrasque dans le dos pour finir le peu qui était encore secs et me voilà dans le métro, humide mais abrité.
Enfin, j'arrive au bureau.
A midi, mes poches de pantalon étaient toujours mouillées, mon parapluie a fini à la poubelle, et j'ai des histoires à raconter.

